Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Le Justicier d'Athènes
18 décembre 2020

policier, Athènes

Comment résister au soleil d’Athènes, sa chaleur étouffante, ses embouteillages impossibles, sa dette insolvable ?

J’ouvre donc le second volet de la Trilogie de la Crise de Markaris.

Si dans le roman précédent, le coupable décapitait ses victimes, dans ce second opus, il préfère la ciguë. Sans oublier de déplacer ses victimes dans des lieux antiques de la capitale.

J’ai aimé le supérieur de Charitos, Guikas, qui se voit doter d’un poste informatique et qui ne quitte plus son fond d’écran végétal des yeux.

L’auteur nous parle des Gastarbeiter qui, dans les années 60-70 sont partis travailler à l’étranger (en Allemagne, surtout) pour gagner de l’argent, puis sont revenus au pays ouvrir leur commerce. La fille de Charitos, âgée de 30 ans, devra à son tour devenir une Gastarbeiter si elle veut pouvoir vivre de son travail.

Un roman sur fond de suicides dus à la crise : quatre vieilles femmes, deux amoureux, un commerçant.

Quelques citations :

En Grèce, dans la fonction publique, la seule façon de monter en grade, c’est de ne rien faire. Ce que le ministre m’offre sur un plateau.

Que disait-il déjà, ce slogan ? Pour des jours encore meilleurs.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’amitié entre Charitos le policier, et Zissis, le communiste, anciennement détenu dans les geôles de la dictature.

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Chambres noires, Nouvelles

Nouvelles

Belfond

18 décembre 2020

vie moderne

Je suis une fan inconditionnelle de l’autrice, il fallait donc que je lise son recueil de nouvelles sont certaines étaient déjà paru dans la série 13 à table ! pour les Restos du Coeur.

J’ai aimé les premières nouvelles qui reprennent des titres de vieux films (Le Vieux Fusil, Au revoir les enfants) dont j’ai vu certains mais pas tous.

J’ai aimé certains personnages au grand cœur, et détesté ceux en colère.

J’ai aimé que l’autrice me donne à voir par petites touches les invisibles qui se débattent dans notre monde si difficile.

Et si la première chambre est bien noire (la première nouvelle est très dure), il perce tout de même une lueur d’espoir dans chaque histoire.

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Liquidations à la grecque / une enquête de Kostas Charitos
18 décembre 2020

policier, Grèce

L’affaire avait fait grand bruit au moment de sa parution : un polar sur fond de dette grecque et de Troïka.

8 ans plus tard, le pays n’est pas sorti d’affaire (et la pandémie ne va rien arranger), mais je me décide à ouvrir le livre.

L’auteur m’a plongé d’entrée de jeu dans Athènes asphyxiée par les embouteillages. Et le narrateur, le commissaire Charitos lui-même, m’a "voituré" au gré des rues de la capitale.

J’ai aimé ce personnage qui regarde les soirs les définitions dans son vieux dictionnaire. Ce commissaire plein d’humour qui ne suit pas les consignes de son GPS, le seul qu’il peut envoyer paître.

J’ai aimé sa femme qui professe des proverbes à chaque phrase.

J’ai découvert les PIIGS : acronyme formé par les initiales des pays d’Europe les plus fragiles économiquement : Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne (Spain).

J’ai aimé trouver juste la croisade du meurtrier contre le Grand Capital.

L’auteur donne à lire l’éternelle corruption des puissants et les souffrances de leurs victimes, dont certaines se suicident.

Un polar touchant juste à plus d’un titre.

Quelques citations :

Il n’y a pas de sociétés, monsieur. Il n’y a que des groupes. Des entrepreneurs qui défendent leurs intérêts, des travailleurs qui défendent les leurs à travers les syndicats et d’autres organisations, il n’y a que des groupes qui défendent leurs intérêts. La société est une création de l’esprit.

Nous tous qui nous sommes dopés pour une médaille, nous l’avons payé très cher. Je l’ai payé de ma santé, les trois autres ont été ruinés. La sanction est juste. Mais ce que font les banques, si ce n’est pas du dopage, alors c’est quoi ? Les cartes de crédit qu’elles t’envoyaient par la poste, sans qu’on les demande, les prêts au logement, les prêts à la consommation, les prêts vacances ou mariage qu’elles distribuaient à tous, les hedge funds, les paris sur la faillite d’un pays étranger qui ne leur a rien fait de mal, tout cela, ce n’est pas du dopage ?

L’image que je retiendrai :

Pas une journée sans une manifestation dans les rues d’Athènes.

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Promenons-nous dans ce bois
14 décembre 2020

Allemagne, policier

De l’autrice, j’avais beaucoup aimé Blanche-Neige doit mourir. Je me faisais une joie de retrouver Oliver et Pia.

Malheureusement, les familles recomposées ont eu raison de ma patience ; ou peut-être y avait-il trop de personnages dans ce roman (je deviens difficile avec l’âge…).

J’ai lu attentivement la première moitié du roman avant que mon intérêt ne s’émousse : trop de descriptions de la nature (je préfère m’y promener que la lire) ; trop de redite pour faire le point alors que l’on vient justement de lire ce qu’il se passe.

Un pavé un peu trop fouillis à mon goût qui a fini par me perdre entre les différents protagonistes et leur famille recomposée avec enfants à droite à gauche.

Un polar allemand qui ne m’a pas convaincu.

L’image que je retiendrai :

Celle des nombreuses habitations de ce fameux bois.

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier
14 décembre 2020

mémoire

Parce qu’il a perdu son carnet d’adresse et qu’un étrange M. Ottolini le lui rend, que s’ouvrent les portes de la mémoire pour Dargane.

D’abord un nom : Guy Torstel que Ottolini cherche à retrouver et dont le nom se trouve dans le fameux carnet d’adresse.

Puis le nom d’Annie Astrand associé à un lieu : Saint-Leu-la-Forêt, un château et un passeport bleu jamais utilisé. Des Photomatons, également.

Et puis une carte postale d’Annie Astrand postée de Rome.

Dans ce roman, l’auteur met en scène un écrivain, énonçant quelques principes sur l’écriture.

Encore une fois, j’ai aimé suivre le personnage principal dans les arcanes de sa mémoire en plein été et en pleine chaleur.

Quelques citations :

Écrire un livre, c’était aussi, pour lui, lancer des appels de phares ou des signaux de morse à l’intention de certaines personnes dont il ignorait ce qu’elles étaient devenues. Il suffisait de semer leurs noms au hasard des pages et d’attendre qu’elles donnent enfin de leurs nouvelles.

Il n’avait jamais compris que l’on introduise dans un roman un être qui avait compté pour vous. Une fois qu’il s’était glissé dans le roman comme on traverse un miroir, il vous échappait pour toujours. Il n’avait jamais existé dans la vraie vie. On l’avait réduit à néant.

On apprend, souvent trop tard pour lui en parler, un épisode de sa vie qu’un proche vous a caché. Est-ce qu’il vous l’a vraiment caché ? Il l’a oublié, ou plutôt, avec le temps, il n’y pense plus. Ou, tout simplement, il ne trouve pas les mots.

L’image que je retiendrai :

Celle de la robe noire de l’amie d’Ottolini avec des oiseaux dorés sur les manches.

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