Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

7 décembre 2021

Etats-Unis, intrigue

Jim SMITH (mais est-ce son nom ?) est un voisin discret avec une vie bien réglée. Un jour emménage à côté de son appartement aux murs fins une jeune femme qui engage la conversation.

Nous découvrons que son mari est un militaire qui fait partie de la 159e, une unité spéciale dont personne ne sait trop ce qu’elle fait en Afghanistan. Sauf le lecteur qui suit le fameux mari qui perd pied peu à peu.

Dans ce nouveau roman, l’auteur nous emmène en Afghanistan en mission avec un guetteur et un sniper.

Nous suivons également une jeune mariée et son fils qui s’installe dans une base aux Etats-Unis : les avantages médicaux, les relations sociales qui peuvent s’arrêter du jour au lendemain, et les Deux Hommes dans une Voiture dont il n’est jamais bon qu’ils s’arrêtent devant votre maison.

J’ai aimé découvrir l’envers du décor, les hommes derrière les « frappes chirurgicales » qui ne le sont pas toujours et comment ils font face à cette violence.

Et le fameux voisin, me direz-vous ? Et bien il ne parle pas beaucoup mais il agit.

Un suspens qui monte peu à peu et un retournement final plein d’humour.

Une citation : "son mariage ressemble, en modèle réduit, à la relation qui lie les citoyens américains à leur armée. C’est formidable d’avoir quelqu’un qui tue à votre place, mais ensuite vous ne voulez pas vraiment connaitre les détails." (p.184)

L’image que je retiendrai : celle du sac plein de billets de banque du fameux voisin et de sa canne de billard.

Le Livre de poche

7 décembre 2021

lutte sociale, vie moderne

Nous découvrons Vanda, son histoire, son lien fort avec son fils, ses luttes pour s’en sortit par petites touches.

Vanda aime faire la fête, se saouler et aller nager tôt le matin. Vanda est pleine de violence contenue qui explose parfois.

Je me suis surprise à trouver le personnage de Vanda attachant, elle qui est à mille lieues de moi tant par le caractère que par les choix de vie. J’ai trouvé sa férocité à se maintenir à flot extraordinaire.

Mais ce que j’ai préféré dans cette lecture, c’est l’arrière-plan sociétal : l’hôpital qui manque de soignants mais qui licencie, les classes bourgeoises qui manifestent également.

Comment une jeune femme fragile peut-elle maintenir un certain équilibre quand la société autour d’elle se casse la figure doucement ?

Un roman fort ; un lien mère-fils indestructible.

L’image que je retiendrai : celle de Noé volant des petites cuillères pour pouvoir faire des châteaux de sable.

23 novembre 2021

castes, Inde

Ce roman m’a offert une plongée en Inde. Dans une ville du nord du pays survivent une mère et sa fille dans la Ruelle, le quartier des prostituées.

Veena est une mère pleine de colère qui se désintéresse de sa fille, bouche inutile à nourrir. Chinti grandit comme elle peut derrière la cloison qui la sépare des activités de sa mère.

Mais à 10 ans, Chinti est une jolie petite fille qui commence à attirer le regard des hommes.

Pas loin, il y a la maison des hijras, ces femmes qui sont nés dans un corps d’homme.

Au milieu de ces femmes un homme, le méchant, propriétaire d’un des temple de la ville dont la concupiscence se drape d’aide aux plus démunis.

Je disais donc que j’ai aimé cette plongée dans l’Inde moderne où l’on brûle encore les corps, où les basses castes sont toujours à part.

Mais sous ce verni de coutume, les hommes sont toujours dominants, décrit comme ayant le sexe à la main comme les divinités qu’ils vénèrent.

J’ai aimé que l’auteure soit au plus près de ses personnages, notamment Bholi et ses barrettes papillons qui brillent.

Une fin un peu cousue de fil blanc qui m’a laissé dubitative après le grand final révolutionnaire.

Et puis Chinti petite fourmi, répété à l’envie, a fini par me lasser.

L’image que je retiendrai : celle des odeurs, des saveurs et des couleurs.

23 novembre 2021

destin de femmes, Irak

Un récit court mais poignant : l’histoire d’une jeune fille amoureuse qui accorde à son fiancé une étreinte qui la rendra enceinte avant que celui-ci ne parte à la guerre.

Le fiancé meurt, la fille et sa famille sont déshonorés.

Nous sommes en Irak, dans un village au nord du pays où les traditions sont tenaces.

Tour à tour, nous entendons parler la mère qui respecte à la lettre ces traditions depuis son enfance ; le grand frère qui n’ose se rebeller mais qui est un progressiste ; le frère qui lavera l’honneur de la famille ; et la petite dernière qui ne comprend pas grand chose à ces histoires de coutumes et de mort.

Et entre chaque parole, le Tigre qui se remémore le Grand Gilgamesh et ses conquêtes, maintenant sous le sable du désert.

Quelques citations :

C’est une fin stupide. Je rêvais d’héroïsme, je suis un dégât collatéral.

Notre banlieue crasseuse, grise de poussière, bardée de drapeaux noirs, rouges, verts. Le deuil, le djihad, la foi. La trinité des miséreux.

L’image que je retiendrai : celle de la couleur noir, omniprésente.

Éditions de L'Olivier

23 novembre 2021

Alaska

La neige, le froid, j’aime bien mais derrière une fenêtre et devant un feu de bois. J’hésitais donc à ouvrir ce roman nommé Blizzard qui allait m’entrainer au coeur d’une tempête de neige en Alaska.

Et j’ai adoré ce roman de bout en bout. Car la tempête ne dure pas, ouf, et n’est pas le centre du récit, re-ouf.

Ce sont 4 personnage que l’on entendra parler tour à tour : Bess qui a lâché la main de l’enfant en pleine tempête ; Benedict le père parti à la recherche de son fils ; Benedict l’ami venu donner un coup de main et Cole, personnage étrange.

Chacun à leur tour nous raconte par petits bouts leur lien avec Thomas, l’enfant disparu dans le blizzard.

J’ai aimé découvrir ces vies douloureuses pour différentes raisons, mais ces hommes et cette femme toujours là, continuant d’avancer, même dans l’adversité.

J’ai moins accroché au secret de famille, mais il explique l’attitude du frère de Benedict disparu.

Un roman dans lequel la nature est moins féroce que les hommes eux-mêmes.

L’image que je retiendrai : celle de la motoneige qui fait des siennes mais qui oblige les personnages à faire autrement.