Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

1 novembre 2021

19e siècle

De l’auteur, je n’apprécie pas trop les romans policiers dont je passe à côté. Mais ce dernier roman est différent. C’est en effet plutôt une biographie de Jean-Pierre MAZAS, colosse de Montastruc, né en 1847 et décédé en 1901.

A partir de sources parfois contradictoires, l’auteur redonne vie à ce géant de la campagne toulousaine qui se lança dans la lutte alors à la mode pour gagner un peu d’argent en plus de sa ferme.

J’ai aimé découvrir Jean-Pierre, paysan simple ne parlant que son patois mais voyageant d’abord jusqu’à Toulouse puis Bordeaux et Paris.

J’ai aimé l’arrière-plan du récit et j’ai été en colère contre les personnages qui profitent de Jean-Pierre. Les hommes ne changeront jamais….

J’ai eu de la peine pour lui quand une blessure au dos l’empêche à jamais de travailler.

Une lecture pleine d’émotions.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jean-Pierre adolescent fendant du bois pour sa mère.

18,00
1 novembre 2021

dépression

J’ai aimé suivre Camille et Jérémy depuis leur naissance ou presque : enfant, à 15 ans puis plus tard.

J’ai été intriguée par cette tâche au plafond qui ne cesse de grandir.

L’histoire de Jérémy m’a parlé, même si la mienne n’est pas totalement identique.

Une lecture qui m’a mis des poisson d’eau dans les yeux et m’a un peu permis d’y voir plus claire.

Des citations :

Il a ce pouvoir, à force de nuits de larmes et de désespoir ami, de plonger dans les ténèbres et de savoir en ressortir. (p.189)

On se faufile. On évite. On esquive. Oui, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. On fait avec les autres, le mal qu’ils nous font, la peine qu’ils nous infligent, leur souvenir en nous. On garde leurs empreintes. Un jour ils font partie de nous. On n’en souffre plus. Ce n’est pas facile, ça ne le sera jamais. Mais ça vaut tout ce mal qu’on se donne. Se sentir plus vivant que mort. On mesure l’un et l’autre : cette part de ténèbres en nous et ce qui la soulage. Jusqu’à une certitude. Une infime et intime vérité qui transperce le voile obscur. La force qui traverse ce monde. L’énergie qui l’emporte, le secoue, le bouscule et l’agite. Et soudain le calme qui l’éclaire. (…) Et sans l’avoir vraiment voulu, sans y avoir pensé, sans savoir comment, on se teint debout, la main dans quelque chose de plus grand que sa douleur. (p.251-252)

C’est dingue ce qu’une brèche peut infliger de dommages et d’avaries. Jusqu’à ce qu’on la trouve, qu’on la nomme, qu’on fasse le nécessaire. (p.254)

L’image que je retiendrai :

Celle de Camille toujours présente avec Jérémy, quelque soit ses rebuffades.

15 octobre 2021

Vie moderne

Ah, le rêve du pavillon de banlieue au milieu d’une nature verdoyante, avec sa promesse d’habitat passif….

C’est ce dont rêve ce couple de cinquantenaire parisien dont le mari est gravement dépressif. Et lorsqu’une opportunité s’offre à eux, après moult calculs, ils se lancent dans l’aventure.

Et quelle aventure ! Car habiter un pavillon, c’est également avoir affaire aux voisins, ce que le couple avait oublié dans l’équation. Et certains voisins sont pour le moins dérangeants.

Ce texte est fort riche : d’abord par le style en focalisation interne (c’est la femme qui s’adresse à son mari à postériori). On aime, ou pas, mais ici, c’est fluide et bien trouvé.

Car nous n’aurons que le point de vue de cette parisienne stressée quand quelque chose déborde sur sa pelouse.

J’ai aimé que ces conflits de voisinage se corsent avec la disparition de la voisine aguichante, et le doute que l’auteure instille : la femme protège-t-elle son mari ?

J’ai aimé les couples voisins, tous un peu caricaturaux mais sans excès.

Tout est toujours suggéré, car nous n’avons que la version de la narratrice, forcément déformée.

Et puis les soucis des nouveaux bâtiments, notamment le chauffage révolutionnaire qui ne fonctionne pas.

Que de problèmes !

Un roman dévoré qui dissuaderai d’acheter les plus convaincus des couples.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du chien des voisins bruyants qui disparaissent tour à tour.

Roman

Calmann-Lévy

15 octobre 2021

famille

Ce roman offre une plongée dans une famille à part, celle des Testasecca, qui habitent un château dans les Corbières.

Le roman s’ouvre sur les chevreuils sauvages qui ont ravagés les plans de fraises, et sur le père, Léon, qui a disparu.

J’ai suivi avec passion cette famille amoureuse de son château familial qui tombe en ruine.

Une famille pleine de vie qui se dispute pour réparer un pan de mur, chacun aillant sa technique, mais qui fait front lorsque la maréchaussée veut les déloger suite à une expropriation.

J’ai aimé les leitmotivs : Hyperélectreyon le tracteur-char d’assaut réparé par Clémence, les chevreuils qui ravagent tout et que personne ne chasse, le chien Bendico qui disparait parfois mystérieusement.

Et bien sûr la sinagrie, mystérieuse créature qui accompagne le fils Pierre depuis qu’il a réchappé à un incendie.

J’ai aimé la cavalcade des ancêtres : la baronne Mahault, le capitaine Clodomir, Izambar le Magnifique, Eugénie, Piotr, Elisabeth et les autres.

J’ai trouvé étrange la devise de la famille : Qu’est-ce qui n’est pas impossible ?

J’ai aimé que Clémence soit passionnée et douée pour la mécanique ; son atelier devait être impressionnant.

Un roman rempli de nature et de vieilles pierres, de galeries de mine et d’engin de chantier.

Un roman sur la violence de la défense du patrimoine, familiale ou autre.

Un roman qui montre que le château est en nous.

L’image que je retiendrai :

Celle des cartouches aux germes de blé utilisées par les membres de la famille contre les forces de l’ordre.

15 octobre 2021

Japon, policier

Chaque capitale a son quartier chaud. A Tokyo, ce quartier s’appelle Kabukicho. Le roman éponyme de Dominique SYLVAIN nous emmène dans ses bars à hôtesses et à hôtes. Oui, les hommes aussi vendent leur écoute et leur patience.

J’ai aimé suivre le très élégant Yudai et sa patience avec sa cliente Akiko, elle-même hôtesse d’un autre club.

J’ai découvert l’énigmatique Marie, colocataire de Kate, jeune anglaise que l’on retrouve morte enterrée.

J’ai aimé l’inspecteur Yamada, qui après son coma tente de se remémorer ses précédentes enquêtes. C’est lui qui fera en sorte que la mort de Kate ne soit pas classée sans suite.

J’ai aimé la tenancière du Club Gaïa dans lequel travaillaient Marie et Kate et qui connait Yamada depuis des années. Leur lien m’a touché.

L’enquête a peu d’importance, elle piétine un peu d’ailleurs. L’intérêt du roman est dans la description de cette particularité de la société japonaise.

Rassurez-vous, on croise aussi des yaks, comprenez des yakuzas qui cassent la figure au pauvre Yudai qui ne peut pas payer ses traites.

L’auteure nous montre de jeunes adultes (il faut être jeune pour exercer ce métier plein d’alcool) qui se vendent comme des marchandises, les plus populaires étant les plus chers.

Une immersion passionnante dans ce monde de la nuit japonais si particulier.

Une citation :

Dans les sociétés chrétiennes, le Mal reste assez central. On pense, notamment aux Etats-Unis, qu’un individu peut être foncièrement mauvais. (…) Au Japon, c’est différent. On s’attend à ce que les coupables s’inscrivent dans un contexte. Ils sont le fruit de leur éducation, de leur milieu. Les familles sont considérés comme responsables des actes de leurs proches. (p.233)

L’image que je retiendrai :

Celle de Akiko qui s’accroche à Yudai pire qu’une sangsue.