Magali S.

Albin Michel

Conseillé par (Libraire)
14 septembre 2022

Impossible à lâcher!

Naître fille dans les années soixante en Sicile est une malédiction. Dans son village, où le commérage est un sport national, Oliva grandit entre un père tendre et effacé, et une mère dont la seule préoccupation est le qu'en dira-t-on. Lorsqu'elle devient une femme à seize ans, l'heure n'est plus aux jeux d'enfants, il faut maintenant raser les murs, baisser les yeux et ne surtout pas provoquer les regards insistants des hommes du village. S'effacer, se taire et obéir devient le seul chemin qu'Oliva pourra emprunter sous peine de se brûler les ailes.
Un roman incandescent et tellement captivant sur la condition féminine que vous aurez du mal à mettre votre lecture en pause.
L'écriture, généreuse et immersive vous transportera dans cette Sicile si romanesque.

Conseillé par (Libraire)
6 septembre 2022

Les Fées sont parmi nous!

Complètement dingue.
Clémentine joue. Elle joue avec le texte, le genre, elle joue avec nous et se joue d'elle-même.
C'est pour moi son oeuvre majeure, la plus aboutie.
C'est de la fantasy, mais ce n'est pas de la fantasy. C'est l'histoire d'une autrice qui essaie d'écrire un livre et qui va découvrir peu un peu que le monde qui nous entoure recèle plus de magie qu'on ne voudrait croire.
C'est déstabilisant au début, puis peu à peu la magie s'installe par petites touches. Vous allez douter, vous aller penser que vous avez loupé quelques cours d'histoires...

Conseillé par (Libraire)
6 septembre 2022

Ma cité va craquer

Ce roman, c'est le feu 🔥
Un feu qui se propage, réchauffe et éblouit.
L'histoire, c'est celle de beaucoup de cités de banlieue : les potes, les squats, les barbecues improvisés, les ballets de scooters et les interpellations incessantes d'une police un peu trop zélée. Astor, Chérif et les autres ont l'habitude. Ils se plient au rituel avec une sorte d'amusement fatigué. Jusqu'au drame.
Ce que fait Diaty Diallo, c'est de la magie. Sa langue est lyrique, incandescente, elle sublime le sordide. L'autrice nous invite à bras ouverts dans son univers, et pour peu qu'on maîtrise un chouilla le vocabulaire de banlieue, le voyage s'avère euphorisant.
Il y a vraiment trop de beauté dans ce roman. C'est bouleversant. Ça enfle comme une vague, à l' intérieur. J'ai vibré, j'ai été remuée. C'est tout ce que j'aime dans la littérature.

Vincent Mondiot

Actes Sud

Conseillé par (Libraire)
6 septembre 2022

Apocalypse

Vincent Mondiot a encore frappé. J'étais prête, d'une certaine façon, parce qu'il m'avait fait un teasing sur son projet. Et donc je savais vaguement que ça parlerait de kaiju, d'adolescents, et que ça serait un roman illustré par Enora Saby. En revanche je n'étais pas prête pour ce maelström d'émotions que j'allais me prendre en pleine poire.
Sur cette petite île au large de la Bretagne, la vie de Léon va basculer dans un cauchemar qui le brisera à jamais. Si ce cauchemar prend les traits d'une créature titanesque surgie des fonds marins, on ne peut s'empêcher de penser à la tornade intérieure si propre à l'adolescence, cette tornade faite de doutes, de questions sans réponse, de colère et d'incompréhension. Grandir fait parfois terriblement mal, parce qu'on doit faire face à des choses violentes et nouvelles: la déception, l'abandon, la perte.
C'est ce que nous raconte Vincent, avec ses mots si justes, capables de faire éclore des émotions au fond de la gorge, qui n'y restent d'ailleurs pas longtemps, je vous le garantis, parce que vous allez pleurer.
Les illustrations d'Enora Saby se déploient magnifiquement sur chaque page de ce bijou, comme des peintures qui auraient capturé l'essence d'un drame. C'est douloureusement beau.

Albin Michel

Conseillé par (Libraire)
6 septembre 2022

Sublime

Ça s'appelle Arpenter la nuit mais ce qui me vient comme image c'est une lumière crue, à l'instar de cette réalité sans filtre qu'on se prend en pleine face.
Ça se passe en Californie, mais oubliez tout de suite les palmiers, les plages instagrammables et les corps nonchalants dorés par le soleil.
En déplaçant un peu le regard, à 20km à l'est de San Francisco, on découvre un tout autre spectacle.
Celui d'une jeune fille noire de 17 ans en prise avec un quotidien qui ne négocie ni avec les rêves ni avec l'espoir.
C'est dans la ville d'Oakland que Kiara va perdre pied, entre les néons blafards et le bitume défoncé, quand le propriétaire de l'appartement qu'elle occupe avec son grand frère Marcus lui annonce que le loyer va doubler.
Alors bien sûr il y a ce quotidien sordide qui nous saute à la gorge. La violence des faits. Celui d'un corps trop jeune livré en pâture au trottoir carnassier de cette ville qui broie tout dans ses mâchoires de pitbull. L'innocence, la dignité et la perspective d'un avenir un peu moins glauque.
Mais au milieu de tout ça, il y a cet amour qui crève cette réalité brutale. L'amour que Kiara prodigue aux personnes qui gravitent autour d'elle. L'amour qu'elle recherche désespérément en s'accrochant aux corps comme à des radeaux salvateurs.
La beauté dans la douleur. Celle qui fait de ce roman un bijou.
C'est d'autant plus stupéfiant que Leila Mottley a écrit ce livre à 17 ans.
Arpenter la nuit, c'est une claque qu'on ne voit pas venir, une plongée dans un univers brut, une rencontre déstabilisante et ô combien bouleversante. Et cette fin...
Deux semaines après ma lecture, je reste habitée par les personnages, j'ai l'impression que je pourrais m'assoir sur le rebord de cette piscine en bas de l'immeuble de Kiara, et observer la vie.