Médiations africaines - Omar Bongo et les défis diplomatiques d'un continent, Omar Bongo et les défis diplomatiques d'un continent
EAN13
9782809801651
ISBN
978-2-8098-0165-1
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
POLITIQUE, IDEE
Nombre de pages
410
Dimensions
22 x 14 x 0 cm
Poids
514 g
Langue
français
Code dewey
320.967
Fiches UNIMARC
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Médiations africaines - Omar Bongo et les défis diplomatiques d'un continent

Omar Bongo et les défis diplomatiques d'un continent

De

Archipel

Politique, Idee

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DU MÊME AUTEUR

Afrique noire. Histoire et Civilisations. XIXe-XXe siècles, Hatier/AUF, nouvelle éd., 2004.

Afrique noire. Histoire et Civilisations. Jusqu'au XVIIIe siècle, Hatier/AUPELF, 1995.

L'Afrique centrale. Stratégies de développement et perspectives, Unesco, BEP, 1987.

Au cœur de l'ethnie : ethnie, tribalisme et État en Afrique (avec J.-L. Amselle),

La Découverte, 1985.

L'Afrique au XXe siècle. Le continent convoité, Seuil, 1985.

Noirs et Blancs en Afrique équatoriale : les sociétés côtières et la pénétration française vers 1820-1874, Éditions de l'école des hautes études en sciences sociales, 1981.

Le Continent convoité. L'Afrique au XXe siècle, Paris-Montréal, Études vivantes, 1980.

Le Roi Denis du Gabon, Paris, ABC, 1977.

EN COLLABORATION :

Les Lumières ! Un héritage pour demain (Y. Fauchois, T. Grillet et T. Todorov, dir.), Bibliothèque nationale de France, 2005.

Le Mouvement panafricain du XXe siècle : textes de référence, Agence internationale de la Francophonie, 2004.

Le Livre noir du colonialisme. XVIe-XXIe siècles : de l'extermination à la repentance, M. Ferro (dir.), Laffont, 2002.

Histoire générale de l'Afrique, vol. V et VIII, Unesco, 1992.

Centenaire de la Conférence de Berlin, 1884-1885, actes du colloque international (Brazzaville, avril 1985), Présence africaine, 1986.

Histoire générale de l'Afrique, 12 vol., avec I. B. Kaké, ABC, 1977-1979.

PRODUCTIONS AUDIOVISUELLES :

L'Afrique littéraire : 50 ans d'écritures, coffret de 3 cd, avec Philippe Sainteny, RFI-INA-Frémeaux & Associés, 2008.

Afrique, une histoire sonore, 1960-2000, coffret de 7 cd, avec Philippe Sainteny, RFI-INA-Frémeaux & Associés, 2001 (prix de l'Académie française, prix Pierre-Mille, grand prix de l'Académie Charles-Cros de la musique et de la parole enregistrée, prix de la « recherche audiovisuelle du Comité d'histoire de la radiodiffusion »).e9782809802832_i0001.jpg

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ISBN 978-2-8098-0165-1

Copyright © Éditions de l'Archipel, 2009.

Sommaire

DU MÊME AUTEUR
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Introduction
1 - Le Gabon, de l'AEF à l'indépendance

Introduction

Le projet de ce livre a pris corps au cours de l'été 2007, à quelques mois de la double commémoration du quarantième anniversaire de la mort de Léon Mba et de l'accession à la présidence de la République gabonaise d'Albert-Bernard Bongo, les deux événements reliés par l'inauguration du mémorial Léon Mba à Libreville. Jamais sans doute on n'avait vu, dans l'Afrique contemporaine, un régime bénéficier d'une telle longévité et s'en glorifier dans une célébration fastueuse et chargée d'intensité. Depuis l'effondrement du colonialisme, rares sont les « pères de l'indépendance » que leurs successeurs immédiats ont honorés de la manière dont Omar Bongo Ondimba honorait Léon Mba. Commémoration et célébration se trouvaient ainsi intimement mêlées.

Paradoxe : tel est le maître mot pour évoquer le Gabon contemporain. Un État aux frontières fixées tardivement, mais qui a su rapidement prendre en charge la totalité de son territoire. Une économie fondée, depuis la traite, la « troque » et la colonisation, sur la même logique « extractive », voire prédatrice, mais qui a fini par connaître une croissance record. Une indiscutable prospérité, génératrice de mythes positifs et de comparaisons flatteuses avec les émirats pétroliers, mais dont la fragilité n'a cessé d'apparaître au rythme des fluctuations de l'économie mondiale. Un pays d'immigration, aussi bien africaine qu'européenne, principalement française, dans une Afrique globalement perçue, à tort ou à raison, comme terre d'émigration. Une société ouverte, prompte à accueillir et à « assimiler » les étrangers, affectueusement appelés « Gabonais d'adoption », mais également exposée à des poussées de fièvre xénophobe. Des performances économiques, sociales et culturelles réelles, mais aussi des images sans cesse négatives diffusées par des observateurs étrangers. Une ouverture internationale précoce à une pluralité de partenaires, qui n'empêche pas que sa politique étrangère soit systématiquement ramenée à ses relations avec l'ancienne puissance coloniale, la France. On pourrait multiplier à l'envi ces faits et ces représentations antithétiques ; il faut évidemment s'en affranchir pour saisir les dynamiques, les processus, les accomplissements et les défaillances d'un État, d'une nation et d'une société en train de se construire.

On a choisi ici d'explorer le terrain de la diplomatie et de la politique étrangère parce que c'est l'un des moins connus et l'un des plus soumis à des simplifications abusives, mais constituées en évidences et presque unanimement admises non seulement dans les médias, mais aussi parmi les observateurs politiques et même chez les intellectuels. Ajoutons que depuis l'effondrement de l'apartheid et les recompositions internes, régionales et continentales de l'ordre politique en Afrique, parler de « diplomatie » et de « politique étrangère » des États africains à l'échelle de l'Afrique n'est plus absurde.

Dans l'espace francophone, les évidences évoquées ci-dessus reviennent toujours à un présupposé profondément ancré, selon lequel la « politique africaine » de la France contient entièrement la « politique étrangère » des États issus de la colonisation française. Ce présupposé s'appuie sur les fameux accords de coopération signés au moment des indépendances et considérés comme ayant donné à la France le contrôle de la politique étrangère de ses anciennes possessions coloniales aussi bien dans la conduite de leurs affaires à l'échelle du monde et des organisations internationales que dans leurs relations entre elles et avec les autres États africains. Les États africains seraient, par nature ou en raison de leur histoire, différents des autres États dont Raymond Aron disait naguère que « les unités politiques, fières de leur indépendance, jalouses de leur capacité de prendre seules de grandes décisions, sont rivales par le fait même qu'elles sont autonomes : chacune ne peut, en dernière analyse, compter que sur elle-même1 ». De la même manière, les hommes d'État africains, enfermés dans les contraintes de la survie politique et dans les logiques à court terme de l'enrichissement personnel, auraient négligé de se positionner comme « acteurs » sur la scène internationale. De telles affirmations ignorent, méconnaissent ou mésestiment les acquis les mieux établis des sciences sociales en Afrique : aujourd'hui comme hier, les sociétés africaines ne cessent de se produire, de s'inventer, de se prendre en charge et d'assurer la « présence africaine » dans le monde. Le terrain de la diplomatie, de la politique étrangère et internationale des États africains a été, de fait, relativement peu étudié ; et les généralisations et considérations théoriques liées à des problématiques telles que celles du « néocolonialisme » ou de la « mondialisation » l'emportent nettement sur les travaux exploitant des faits précis et étayés.

Juristes et politologues ont pourtant bien marqué certains points. L'essentiel ici est, à l'opposé des thèses qui s'interrogent sur l'existence d'« États » en Afrique, la reconnaissance de ces États comme acteurs sur la scène internationale : « À partir du moment où des États naissent (ou renaissent) comme conséquence de l'action menée par les mouvements de libération, soutenus par certains États et par différentes organisations, y compris les organisations internationales (SDN et ONU notamment), il est naturel qu'ils s'efforcent d'affirmer avec vigueur leur souveraineté, qui leur confère un droit à participer à la vie internationale. Au moment où une partie de la doctrine part en guerre contre l'idée même de souveraineté, les États africains affirment au contraire avec force la souveraineté conquise ou reconquise et prennent des distances par rapport à l'idée d'une pr...
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