• par (Libraire)
    29 avril 2019

    Coup de coeur d'Evelyne

    Immortelle randonnée est le récit d'un pèlerinage vers Compostelle.
    Le récit de Compostelle est une catégorie à part du récit de marche : le mot « pèlerinage » induit une dimension spirituelle, voire religieuse à ce voyage. Ce ne sont plus seulement les paysages, le dépassement de soi ou l'introspection qui sont au cœur du récit.
    Quand Jean-Christophe Rufin écrit Immortelle randonnée en 1993, le récit de marche est à la mode, et le récit de Compostelle galvaudé. Rufin est donc confronté à une double interrogation : comment « faire » Compostelle de façon personnelle quand le Chemin est une autoroute à touristes ? comment renouveler un genre aussi couru que le Chemin lui-même ?
    Pour répondre à la première question, l'auteur décide de prendre le Chemin le plus compliqué, le moins fréquenté, celui du Nord, pour fuir ses congénères. Pour répondre à la seconde, il tente de faire la peau aux poncifs du récit de Compostelle. Avec humour et malice, il tord le cou au mythe de spiritualité en révélant par exemple que le Chemin est le plus grand lieu de drague des Européens de plus de quarante ans ! C'est la trivialité même des détails qui rend le récit véridique et surtout personnel. Exit la spiritualité !
    Pourtant, la grande force du texte de Rufin, c'est de nous prendre à contre-pied en réintroduisant du spirituel là où il l'avait ôté quelques lignes plus tôt. Cependant, c'est une spiritualité à la Jacques le Fataliste : une philosophie moqueuse mais plus profonde qu'il n'y paraît. La très grande fréquentation du Chemin semblait lui avoir fait perdre tout sens, et pourtant le sens réapparaît en chemin. C'est alors que l'on comprend vraiment le sens du sous-titre : Compostelle malgré moi.
    Ce texte, comme le Chemin de Compostelle, n'est pas ce qu'il semble être tout en l'étant tout de même : un tour de force.


  • par (Libraire)
    18 avril 2016

    Immortelle randonnée

    Immortelle randonnée est le récit d'un pèlerinage vers Compostelle.
    Le récit de Compostelle est une catégorie à part du récit de marche : le mot « pèlerinage » induit une dimension spirituelle, voire religieuse à ce voyage. Ce ne sont plus seulement les paysages, le dépassement de soi ou l'introspection qui sont au cœur du récit.
    Quand Jean-Christophe Rufin écrit Immortelle randonnée en 1993, le récit de marche est à la mode, et le récit de Compostelle galvaudé. Rufin est donc confronté à une double interrogation : comment « faire » Compostelle de façon personnelle quand le Chemin est une autoroute à touristes ? comment renouveler un genre aussi couru que le Chemin lui-même ?
    Pour répondre à la première question, l'auteur décide de prendre le Chemin le plus compliqué, le moins fréquenté, celui du Nord, pour fuir ses congénères. Pour répondre à la seconde, il tente de faire la peau aux poncifs du récit de Compostelle. Avec humour et malice, il tord le cou au mythe de spiritualité en révélant par exemple que le Chemin est le plus grand lieu de drague des Européens de plus de quarante ans ! C'est la trivialité même des détails qui rend le récit véridique et surtout personnel. Exit la spiritualité !
    Pourtant, la grande force du texte de Rufin, c'est de nous prendre à contre-pied en réintroduisant du spirituel là où il l'avait ôté quelques lignes plus tôt. Cependant, c'est une spiritualité à la Jacques le Fataliste : une philosophie moqueuse mais plus profonde qu'il n'y paraît. La très grande fréquentation du Chemin semblait lui avoir fait perdre tout sens, et pourtant le sens réapparaît en chemin. C'est alors que l'on comprend vraiment le sens du sous-titre : Compostelle malgré moi.
    Ce texte, comme le Chemin de Compostelle, n'est pas ce qu'il semble être tout en l'étant tout de même : un tour de force.


  • 14 octobre 2015

    En marche vers soi même

    Il est médecin, écrivain à (grands) succès, académicien. Il fut même, un temps, ambassadeur de France au Sénégal. Autant dire que Jean-Christophe Rufin avait mille raisons et autant de prétextes de rester tranquillement assis dans son fauteuil: un prochain roman à terminer, une conférence à donner, une séance sous la coupole à ne pas manquer... Alors quelle mouche a bien pu le piquer le jour où il a décidé de se lancer dans cette " immortelle randonnée " et d'accomplir le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle? Certes, il adore marcher. Il aime la montagne, il a escaladé pas mal de sommets et puis un jour, alors qu'il se trouvait à Paris, il est entré dans la petite boutique

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